Poésie en musique

Louis Aragon : il n’y a pas d’amour heureux

3 min · 15. heinä 2026
jakson Louis Aragon : il n’y a pas d’amour heureux kansikuva

Kuvaus

support : transcription partielle d’une note vocale envoyée à la mauvaise personne (fichier audio corrompu, segments manquants, bruit de frigo en fond) Audio Transmis par Maria, une auditrice fidèle. — — …tu l’as entendu, ce clic sec ? Le bruit que fait la porte du frigo quand elle ne veut plus se refermer. Ça fait ça aussi avec les gens, parfois. Tu crois que ça va se refermer. Mais non. L’air s’échappe, lentement, et tout tourne. Même les cœurs. Tu peux replier les bras tant que tu veux, il y a des choses qui refroidissent avant qu’on y touche. Des promesses laissées en veille. Des regards trop scannés. On se frotte à l’amour comme à un code-barres refusé : ça bip, ça clignote, ça rejette. Pas de lecture. Pas de prix. (…grésillement…) Tu sais ce qui pèse le plus dans une chanson triste ? Ce n’est pas la mélodie. C’est le coût à la note. Ce qu’il faut de honte pour une rime. Ce qu’il faut d’erreurs pour qu’un vers tienne droit. L’amour heureux, c’est comme un lave-linge à sec : ça tourne, ça cogne, mais ça lave rien. Je me souviens plus du nom de la personne à qui je disais ça. Peut-être toi. Peut-être quelqu’un d’autre. (…pause… retour micro saturé…) Je retire ce que j’ai dit. Non. Je veux dire : je répète. Il n’y a pas d’amour heureux. Seulement des machines mal réglées qui font du bruit au lieu de chauffer. Seulement des chansons qui débitent leur chagrin à la caisse automatique. (…fin de l’audio…) Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253] SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943] Voilà. Bref.

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jakson Louis Aragon : il n’y a pas d’amour heureux kansikuva

Louis Aragon : il n’y a pas d’amour heureux

support : transcription partielle d’une note vocale envoyée à la mauvaise personne (fichier audio corrompu, segments manquants, bruit de frigo en fond) Audio Transmis par Maria, une auditrice fidèle. — — …tu l’as entendu, ce clic sec ? Le bruit que fait la porte du frigo quand elle ne veut plus se refermer. Ça fait ça aussi avec les gens, parfois. Tu crois que ça va se refermer. Mais non. L’air s’échappe, lentement, et tout tourne. Même les cœurs. Tu peux replier les bras tant que tu veux, il y a des choses qui refroidissent avant qu’on y touche. Des promesses laissées en veille. Des regards trop scannés. On se frotte à l’amour comme à un code-barres refusé : ça bip, ça clignote, ça rejette. Pas de lecture. Pas de prix. (…grésillement…) Tu sais ce qui pèse le plus dans une chanson triste ? Ce n’est pas la mélodie. C’est le coût à la note. Ce qu’il faut de honte pour une rime. Ce qu’il faut d’erreurs pour qu’un vers tienne droit. L’amour heureux, c’est comme un lave-linge à sec : ça tourne, ça cogne, mais ça lave rien. Je me souviens plus du nom de la personne à qui je disais ça. Peut-être toi. Peut-être quelqu’un d’autre. (…pause… retour micro saturé…) Je retire ce que j’ai dit. Non. Je veux dire : je répète. Il n’y a pas d’amour heureux. Seulement des machines mal réglées qui font du bruit au lieu de chauffer. Seulement des chansons qui débitent leur chagrin à la caisse automatique. (…fin de l’audio…) Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253] SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943] Voilà. Bref.

15. heinä 20263 min
jakson William Blake : mélopée kansikuva

William Blake : mélopée

Un vieux poste grésille derrière le comptoir : « Qui… se lèvera ? ». L’écran saute, pub de lessive, puis la ruine d’une école. J’ai tourné le son plus bas — pour répondre à un message sans importance. Et pourtant la voix insiste, elle mord dans l’odeur de graisse rance et de tabac froid. La main de Dieu cogne comme un bouton rouge qu’on presse sans y penser, le Péché se répand comme la mousse sale autour du siphon, les démons rient derrière les vitres crasseuses du bar, synchronisés avec le jingle des infos. Pas de gloire : juste des chips molles dans leur sachet gras, et les morts comptés comme des points au jeu. Le refrain bégaie : « Qui… qui se lèvera ? ». Mais il se casse, avalé par le froissement des billets, par nos mâchoires qui mâchent trop vite. Plus de prophète, plus d’anges : seulement une canette vide. Canette. Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253] SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943] Voilà. Bref. Abdelghani Boudik

1. heinä 20262 min
jakson Pierre de Ronsard : mignonne, allons voir si la rose kansikuva

Pierre de Ronsard : mignonne, allons voir si la rose

Formica froid, odeur de kebab qui s’attarde. « Mignonne, allons voir si la rose… » — elle « avoit desclose » au matin sa robe vermeille ; et vespres venues, déjà « cheue », froissée, ternie. Marastre Nature l’a jetée bas. La splendeur : un soupir. — Cueillir ? souffle-t-elle. Comme si le choix avait un parfum. — Cueillez, cueillez vostre jeunesse ; la phrase siffle, se perd. Sss… souffle, silence. Le verre résonne, ride, rature. Elle : On m’a volé des heures sous prétexte d’enfance. Lui : J’efface un mot, l’encre bave. Un micro saturé crache (train voie C retardé), et leurs voix se croisent dans le grésillement. — Tu dis choir ? — Cueillir — ou choir. — Moi je suis tombée avant qu’on me dise que je pouvais voler, brisée une fois, brûlée encore. Et toi tu touches ta joue, peau rêche, ride au miroir. Pas de saisons. Pas d’aiguilles. Seulement le corps, ses silences, ses brûlures. Seulement l’ordre nu qui griffe les tempes, souffle serré. Les voix s’entrelacent : « Pas cueillir. Pas choir. » Ni rose, ni ride, ni vesprée. Présente — fissurée — sans chute. Sans poème — [clac de verre]

15. kesä 20262 min
jakson Sophie d'Arbouville : un jour d’absence kansikuva

Sophie d'Arbouville : un jour d’absence

L’horloge… grince, puis s’arrête. Une dent cassée, peut-être. Le livre est resté ouvert, mais une tache de café ronge la page. L’odeur froide colle aux doigts. Silence… trop lourd. « À ce soir » revient, bancal, comme une radio brouillée. Promesse, menace — je ne sais plus. Le visage se brouille, je le cherche, il glisse. J’ai peur de l’oubl— Un verre sale traîne au bord de la table. Je n’arrive pas à le retirer du champ. À ce soir. Ou pas? Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253] SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943] Voilà. Bref. Abdelghani Boudik

1. kesä 20264 min
jakson Paul Fort - complainte du petit cheval kansikuva

Paul Fort - complainte du petit cheval

La pluie ne tombe pas vraiment. Elle reste sur lui, fine, obstinée, comme une main qui oublie de partir. Le cuir boit, puis garde. Sous la sangle, ça chauffe doucement. Il baisse un peu la tête. Il avance. Un pas. Puis un autre. La roue gauche prend dans l’ornière, lâche, reprend. Le bois derrière grince. Dans le fossé, une bouteille cogne contre une pierre — clac — puis rien, puis clac encore, comme si quelque chose cherchait à revenir sans trouver. Il ne tourne pas l’oreille. La route n’a pas d’idée. À droite, l’eau tient jusqu’au bord. À gauche, la terre s’ouvre en mottes noires. Le ciel est bas, sans bord. Il avance. La pluie lui entre jusque sur les lèvres. Il la laisse. Tous derrière — non, pas tout à fait. Ça se rapproche, ça lâche. La bouteille, encore : clac. Puis plus rien. Puis clac. Par moments, le sol rend un peu. Le poids se défait d’un rien, comme si quelqu’un avait pensé à lui sans le dire, et ça lui vient presque comme une faute, alors il tire pareil, un peu plus vite peut-être, sans savoir pourquoi, juste parce que ça glisse mieux d’un coup et que ça pourrait durer et que ça ne dure pas. Il continue. Il y a une façon de tirer qui s’installe sans qu’on la choisisse. Le corps prend, le bois suit, la route accepte. Tout se met d’accord. Ça tient un instant. Il ne sait pas quand ça commence. Il ne sait pas quand ça finit. Tous derrière, encore. La pluie s’éclaircit à peine. Pas du beau temps. Juste moins de poids sur le dos. L’eau change de place, glisse autrement, plus tiède. Il ouvre la bouche sans s’en rendre compte. Ça passe mieux. Clac. Puis ça revient, un peu plus froid. Les voix derrière changent de place. On avance, on traîne, on s’arrête, on reprend. Ça suit comme ça peut. Ça suit. Il avance. La lumière baisse sans prévenir. Pas d’orage. Quelque chose se retire. Son pas reste. Encore un. Puis encore. Et puis ça ne prend plus pareil. Il tire quand même. Le harnais tient, mais pas au même endroit. Il manque un accord, un point qui revenait toujours. Les jambes font leur travail. Le reste hésite, puis se trompe. Clac. Il tire. Une fois de trop, peut-être. Ou pas assez. Le pas suivant ne revient pas. ⸻ Si ça t’a remué un peu, fais circuler : abonne-toi, partage, laisse une trace griffonnée. C’est comme ça que la poésie évite de s’éteindre… enfin j’imagine. On se recroisera peut-être ailleurs : Actu-Rime — une chanson qui gratte, un décryptage qui cogne : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/actu-rimes-comprendre-le-monde-en-musique/id1769964253] SnapCult — des recos sèches, moins de cinq minutes, ça claque et ça passe : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943 [https://podcasts.apple.com/fr/podcast/snapcult/id1806802943] Voilà. Bref. Find out more at https://poesie-en-musique.pinecast.co [https://poesie-en-musique.pinecast.co]

15. touko 20262 min