Les musées qui s'exportent dans le monde
Le Centre Pompidou, célèbre musée parisien, a ouvert une nouvelle antenne à Séoul. Avec de grands projets développés dans le Golfe ou en Chine, c'est devenu une habitude. Les grandes institutions culturelles françaises et internationales multiplient les implantations à l'étranger. Derrière ces ouvertures, des stratégies d'influence, de rayonnement, de transformation urbaine, et parfois de développement commercial. C'est le Tour du monde des correspondants que nous vous proposons cette semaine.
LE GUGGENHEIM À BILBAO EN ESPAGNE
Avec son apparence futuriste, ses formes incurvées, ses matériaux comme le titane, la pierre calcaire et le verre qui lui confèrent un aspect fascinant, le musée Guggenheim est une réussite indiscutable. Depuis plus d’un quart de siècle, sa construction a transformé Bilbao, un grand port basque historiquement triste, d’allure maussade, qui était plongé dans un profond marasme économique, en pleine reconversion industrielle. Et voilà que ce musée très original a tout changé : les touristes du monde entier ont accouru et continuent d’accourir, plus d’un million par an, désormais on parle en bien de Bilbao à l’échelle mondiale, et les habitants ressentent une immense fierté pour ce musée qui, avec l’aéroport international et ses ponts modernes, a complètement transformé la ville. À cela il faut ajouter que le musée étonnant fonctionne à 100% avec de l’énergie renouvelable.
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DE L'ERMITAGE AU H'ART MUSEUM À AMSTERDAM
Jusqu’en 2023, un ancien hospice du XVIIᵉ siècle abritait l’antenne néerlandaise de l’Ermitage, écrite à l’anglaise avec un H initial. Mais de ce musée il ne reste que la première lettre, en souvenir en quelque sorte puisqu’il s’appelle désormais le H’art museum ou H art museum avec une apostrophe, partenaire du centre Pompidou, du British Museum et du Smithsonian de Washington.
L’Ermitage d’Amsterdam avait ouvert partiellement en 2004 puis a été inauguré en grande pompe par le président russe Dimitri Medvedev et la reine Beatrix cinq ans plus tard. À son apogée, il attirait un demi-million de visiteurs par an. L’invasion de l’Ukraine a provoqué la fermeture. Ensuite il a fallu rapatrier les œuvres à Saint-Pétersbourg, une gageure du fait des sanctions européennes contre la Russie [https://www.rfi.fr/fr/tag/russie/].
L’Ermitage a d’autres antennes, mais elles ne sont plus qu’en Russie. Le projet de musée à Barcelone a été abandonné en 2022. Et après l’invasion de l’Ukraine, le centre de recherche Ermitage Italia à Venise a suspendu ses relations avec le musée russe.
MADAME TUSSAUDS FRANCHISÉE DANS LE MONDE ENTIER
Une antenne à Amsterdam depuis 50 ans, d’autres à Tokyo, Sydney, New York, Dubaï [https://www.rfi.fr/fr/tag/dubaï/], Singapour [https://www.rfi.fr/fr/tag/singapour/] et Budapest. En tout, une vingtaine de musées Madame Tussaud’s existent à travers le monde, à l’exception notable de l’Amérique du Sud et de l’Afrique. En 250 ans d’existence, l’institution est devenue un marqueur de qui peut se revendiquer people.
Chaque ville adapte ses collections, avec des célébrités locales. Certaines choisissent même de ne pas faire figurer la statue de cire d’Elizabeth II pour laisser la place aux figures nationales. À Londres, le musée est largement considéré comme un attrape-touriste. Guère étonnant : derrière le nom de Madame Tussaud se cache le conglomérat Merlin Entertainment, également propriétaire de la grande roue du London Eye au bord de la Tamise, des parcs d’attraction Lego et Peppa Pig et des aquariums SeaLife.
Une grosse machine du divertissement qui n’a cependant pas empêché la fermeture de plusieurs antennes, dont le musée de Washington, dans la foulée de la pandémie.
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