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Les mer Afrique, mémoires d'un continent
Afrique, mémoires d'un continent explore l’histoire à travers les siècles et jusqu’à aujourd’hui. Historiens, universitaires et spécialistes expliquent et racontent, sans tabous et à rebours des clichés, comment le passé éclaire le présent. Une émission présentée par Elgas, en collaboration avec Delphine Michaud. Réalisation : Taguy M’Fah Traoré. *** Diffusions vers toutes cibles les dimanches à 08h10 TU et 22h10 TU (Heure de Paris = TU + 1 en hiver).
Au Sénégal, passions et désamours au sommet de l’État
Si le Sénégal a réussi à se mettre sur orbite démocratiquement, la jeune république a régulièrement marché sur des braises pendant des séquences douloureuses, éprouvantes et répétées. Au cœur de ce cheminement, les rivalités marquées et emblématiques entre ses hommes politiques, et notamment dans ses couples exécutifs. Président et Premier ministre, unis par les passions, vivant l’idylle avant, presque inéluctablement, le divorce. De l’éclatement de la fédération du Mali au duo actuel au pouvoir, sans oublier la fracassante crise entre Mamadou Dia et Léopold Sédar Senghor, celle entre Abdoulaye Wade et ses héritiers malmenés, récit d’une histoire politique sénégalaise. ****************************************** UNE DÉMOCRATIE FAÇONNÉE PAR LES TEMPÊTES Le Sénégal apparaît aujourd’hui comme une vitrine démocratique en Afrique de l’Ouest, mais cette stabilité est le fruit d’une histoire longue, heurtée et souvent conflictuelle. Depuis l’indépendance, le pays a traversé des cycles répétés de crises politiques, marqués par des tensions au sommet de l’État. Ces crises opposent régulièrement des hommes que tout semblait unir au départ : compagnonnage politique, idéaux communs, luttes partagées. La jeune République a ainsi souvent avancé sur des braises, entre accalmies et ruptures brutales. LES DIVORCES FONDATEURS DU POUVOIR SÉNÉGALAIS Dès la Fédération du Mali (1959–1960), les rivalités éclatent entre Senghor, Modibo Keïta et Mamadou Dia, aboutissant à l’éclatement du projet fédéral. Au Sénégal indépendant, le tandem Senghor–Dia incarne l’espoir avant de sombrer dans une crise majeure en 1962, conclue par l’emprisonnement de Dia et l’instauration d’un régime présidentiel fort. Ce premier divorce fonde un modèle qui se répétera : primauté du chef, instrumentalisation de la justice, et marginalisation des anciens alliés. Les décennies suivantes, sous Abdou Diouf, connaissent moins de conflits au sommet, mais laissent mûrir un désir de changement. ALTERNANCES, RÉPÉTITIONS ET MALÉDICTION DU TANDEM L’alternance de 2000 avec Abdoulaye Wade relance le cycle des passions et des ruptures : limogeages successifs de Premiers ministres, disgrâces politiques, emprisonnements et querelles personnelles. Macky Sall, lui-même ancien allié devenu adversaire, reproduit ce schéma une fois au pouvoir, avec plusieurs divorces exécutifs. En 2024, l’arrivée du tandem Bassirou Diomaye Faye–Ousmane Sonko ouvre une nouvelle page, nourrie par l’espoir populaire.
Cultes préislamiques du Mali: l’exemple du Nya minianka
Afrique mémoires d’un continent explore ce dimanche la société d’initiation Nya, pratiquée chez les Minianka au Mali et destinée à maintenir l’harmonie collective. Bénédictions pour la pluie, la maternité, la protection contre les maladies, fusion avec des esprits… Les cultes sont incontournables dans l’identité d’un peuple. L’arrivée de l’Islam a-t-elle eu un impact sur ces savoirs transmis de génération en génération ? Avec la participation de Jean-Paul Colleyn, anthropologue et cinéaste, directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris et professeur à l'université de New York ************************************ LE NYA ET LA SOCIÉTÉ MINYANKA : UNE FORCE SPIRITUELLE VIVANTE L'émission nous plonge au Mali, au cœur de la société minyanka, pour explorer le Nya, un culte de possession et une société d’initiation centrale dans l’organisation sociale et spirituelle. Le Nya est une force spirituelle et une pratique coutumière ancestrale, associée à des rituels de possession, de protection, de fertilité et de lutte contre la maladie ou la sorcellerie. Contrairement aux visions coloniales il constitue, loin d’un simple « fétiche », un véritable art de vivre, un lien au monde et à l’ordre social, structuré par la transmission du savoir entre anciens et cadets. Le culte demeure actif dans plusieurs centaines de villages, malgré les transformations contemporaines. DÉCONSTRUCTION DE L’ETHNOLOGIE COLONIALE ET DES IDENTITÉS FIGÉES Jean-Paul Colleyn critique l’ethnologie coloniale qui a figé les sociétés africaines dans des catégories ethniques artificielles. Il rappelle que les « ethnies » sont souvent des constructions extérieures et que les identités sont en réalité fluides, issues de mélanges, de migrations et d’emprunts culturels. Cette approche remet en cause les visions essentialistes et hiérarchisées héritées de la colonisation. NYA, ISLAM ET TRANSFORMATIONS CONTEMPORAINES Les cultes de possession comme le Nya n’ont jamais été totalement opposés à l’islam. Celui-ci s’est diffusé au Mali par des voies multiples, parfois pacifiques, parfois violentes, mais a souvent coexisté avec les cultes de possession. Loin d’une opposition frontale, des formes de syncrétisme se sont développées, intégrant des éléments islamiques dans les pratiques traditionnelles. Aujourd’hui, ces cultes sont moins menacés de disparition que de transformation, confrontés aux mutations sociales, à l’urbanisation et au désengagement partiel des jeunes générations, tout en restant des repères symboliques essentiels.
Massacre du 28 septembre à Conakry, une tragédie guinéenne
La mémoire du continent vous raconte le tragique massacre du 28 septembre 2009 à Conakry, en Guinée. 156 morts, des centaines de femmes violées, un millier de blessés. À la tête de l’État, un jeune capitaine qui s’est invité au pouvoir quelques mois plus tôt, Moussa Dadis Camara. Quinze ans après la tragédie, un procès s’est tenu. Près de deux ans d’audience, temps fort de la mémoire et du devoir de justice. Un verdict historique, avant un goût d’inachevé. UN RASSEMBLEMENT PACIFIQUE DEVENU TRAGÉDIE Le 28 septembre 2009, date hautement symbolique en Guinée, près de 50 000 opposants se rassemblent pacifiquement au stade du 28 septembre pour réclamer le retour à l’ordre civil et dénoncer la tentation de candidature du chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara. Malgré l’interdiction, l’ambiance est d’abord joyeuse et déterminée. En fin de matinée, les forces de la garde présidentielle, des milices et des supplétifs en civil encerclent le stade. Les accès sont bloqués et l’impensable se produit. Les militaires ouvrent le feu à bout portant. Le vaste espace se transforme en scène de guerre : 156 morts, un millier de blessés, des centaines de femmes violées, des leaders frappés ou enlevés. Certaines victimes sont poursuivies et traquées les jours suivants. TÉMOIGNAGES DE L’HORREUR Les survivants évoquent des tirs indiscriminés, des viols d’une brutalité extrême, des enlèvements, des corps entassés près des sorties. Des femmes témoignent de violences sexuelles innommables, parfois suivies de grossesses forcées. La répression fait ressurgir une longue histoire de violences d’État en Guinée. Depuis l’ère Sékou Touré, en passant par le régime de Lansana Conté, la Guinée a connu répressions, internements, tortures et massacres occultés. Le camp Boiro reste le symbole de cette tradition autoritaire. L’arrivée de Dadis Camara en 2008, après un coup d’État, s’inscrit dans cette continuité : promesses non tenues, militarisation du pouvoir, culture de l’impunité. CHUTE DE LA JUNTE ET PROCÈS HISTORIQUE Face à l’indignation internationale, Dadis Camara minimise les faits, évoquant de simples bousculades. Les tensions internes à la junte éclatent lorsqu’en décembre 2009, son aide de camp Toumba Diakité lui tire une balle dans la tête, affirmant vouloir dénoncer sa trahison et son implication dans le massacre. Pendant des années, ONG, victimes et organisations internationales réclament justice. Une longue instruction s’achève en 2017. En 2021, un nouveau coup d’État porte au pouvoir le colonel Mamadi Doumbouya, qui accélère l’organisation du procès pour restaurer l’image du pays. Une salle spéciale est construite, et le procès débute en septembre 2022. Douze accusés comparaissent, dont Moussa Dadis Camara et Toumba Diakité. Les victimes espèrent reconnaissance, vérité et réparation après treize années d’attente. Ce procès, largement médiatisé, marque un tournant majeur : une tentative de mettre fin à la spirale d’impunité qui hante l’histoire guinéenne.
François Mitterrand, le vrai père de la Françafrique ?
La Françafrique, une entité opaque qui a manœuvré dans les coulisses pendant longtemps pour donner un sursis à la colonisation. Et dans la galaxie de cette nébuleuse, des mercenaires, des affairistes, et des hommes politiques. Parmi ces théoriciens, un homme au rôle central, mêlé pendant près de 50 ans à toutes les pages sombres de cette histoire : il s'appelle François Mitterrand. Avec la participation de Thomas Deltombe, journaliste, éditeur, essayiste, auteur de «L'Afrique d'abord ! Quand François Mitterrand voulait sauver l'Empire français» (éd. La Découverte). ***************************************** MITTERRAND, UN HOMME FAÇONNÉ PAR L’IMAGINAIRE COLONIAL Dans cet entretien, Thomas Deltombe revient sur l’origine de son enquête consacrée à François Mitterrand et à son rôle dans la formation de la Françafrique. Jeune journaliste intéressé par le racisme postcolonial, il découvre la guerre du Cameroun et les zones d’ombre de la politique française en Afrique. Ses recherches le mènent à explorer la première carrière de Mitterrand, sous la IVè République, une période largement méconnue et souvent déformée par le futur président lui-même. Né en 1916, issu d’un milieu provincial, catholique et conservateur, Mitterrand grandit dans un imaginaire nationaliste et colonial. Ses lectures — Maurice Barrès et d’autres auteurs nationalistes — nourrissent sa vision d’une France grande par son empire. Son passage à Vichy, couronné par l’obtention de la Francisque en 1943, témoigne de cette sensibilité idéologique, qu’il minimisera par la suite grâce à des récits romancés et parfois mensongers. MITTERRAND ET L'AFRIQUE À partir de la fin des années 1940, Mitterrand investit le champ africain, d’abord comme ministre des Anciens combattants, puis comme ministre de l’Information et enfin comme ministre de la France d’Outre-mer. Ses voyages en Algérie, en AEF et en AOF révèlent un homme fasciné par l’Afrique autant qu’attaché à l’ordre colonial. En pleine montée des mouvements nationalistes — Madagascar, Côte d’Ivoire — il prône une stratégie de « réformer pour conserver ». Il identifie des interlocuteurs modérés, notamment Félix Houphouët-Boigny, qu’il contribue à détacher du Parti communiste et à intégrer au jeu politique français. Réformer et châtier : telle est sa doctrine. La réforme permet d’anesthésier et diviser les revendications, tandis que la répression s’abat sur ceux qui refusent la main tendue de la France. Inspiré par les décolonisations asiatiques, il élabore une véritable théorie de la mutation contrôlée de l’empire. DE LA THÉORIE À LA VIOLENCE : L'EXEMPLE DE L'ALGÉRIE Lorsque la guerre d’Algérie éclate le 1er novembre 1954, Mitterrand est ministre de l’Intérieur. Il défend alors sans ambiguïté la souveraineté française et sanctionne sévèrement le Front de libération nationale (FLN), qualifiant les insurgés d’« agitateurs recrutés à l’étranger ». Deltombe rappelle que cette insurrection peut être lue comme une réaction à la politique néocoloniale de Mitterrand et de Mendès France, mêlant concessions calculées et fermeté. Devenu ensuite ministre de la Justice, Mitterrand accompagne la montée en puissance de l’armée en Algérie, validant des exécutions capitales et participant à l’appareil répressif. Cette continuité — théorie réformiste et pratique brutale — illustre selon Deltombe la cohérence d’un homme qui a voulu sauver, coûte que coûte, l’influence française en Afrique. Son héritage, de l’Algérie au Cameroun en passant par le Rwanda, s’inscrit dans l’histoire longue et sombre de la Françafrique.
De Fès à Tombouctou, résonances africaines du soufisme
La mémoire du continent explore l’histoire du soufisme et ses résonances africaines. Des deux côtés du Sahara, itinérance historique de Fès à Tombouctou, sans oublier la corne de l’Afrique, lieux où s’est écrit une belle page des interconnexions religieuses continentales. Branche, incarnation, les mots peuvent varier pour définir cet élan de l’islam, fait de quête mystique, intérieure, de vitalité confrérique, de lieux mémoriels, et de fidèles transnationaux. Le soufisme, à l’heure des périls sécuritaires au Sahel, de la gangrène jihadiste, et des idées reçues sur l’islam politique. Une émission enregistrée à Casablanca dans le cadre de la 2ème édition du festival Amwaj dédié aux podcasts et à la création sonore, et organisé par l'association Longueur d'Ondes (Brest, France), le studio indépendant Les Bonnes Ondes et l’Institut français. Avec la participation du Pr Ali Benmakhlouf, philosophe et professeur émérite à l’Université Paris-Est Créteil et à l’Université Mohammed VI Polytechnique du Maroc. Et une chronique de Sami Lakmahri, journaliste pour le site d’information marocain Le Desk [https://ledesk.ma/]. ******************************** Ali Benmakhlouf, philosophe marocain, présente le soufisme, tradition islamique fondée sur la quête intérieure, la mémoire spirituelle et les réseaux confrériques transnationaux. Né à Fès, il raconte son héritage familial religieux, et la ville de Fès marquée par de nombreuses Zaouïas, lieux d’éloge du Prophète et de pratiques mystiques. Ces espaces montrent l'ancrage populaire du soufisme, tout en révélant parfois des tensions internes avec des visions plus rigoureuses de l’islam. FIGURES FONDATRICES ET EXPANSION SAHÉLIENNE Le récit revient sur Sidi Ahmed Tijani, né en Algérie au XVIIIè siècle et mort à Fès, fondateur de la Tijaniyya, très influente en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal. Le lien est établi avec Moulay Idriss, figure historique du Maroc et symbole d’une sainteté originelle. Ces deux héritages illustrent l’imbrication entre politique, spiritualité et territoire. La Qadiriyya, plus ancienne et née à Bagdad au XIè siècle, s’ancre davantage dans la loi, tandis que la Tijaniyya valorise davantage la voie. Les deux approches sont complémentaires, et leur diffusion au Sahara témoigne d’une grande plasticité des formes soufies. Le soufisme s’est diffusé par les routes commerciales et diplomatiques, jusqu’aux empires du Mali et du Niger. En Afrique de l’Ouest, les confréries deviennent de puissantes structures sociales et spirituelles : Tijaniyya, Qadiriyya, mais aussi la Mouridiyya, fondée par Cheikh Ahmadou Bamba, résistante à la colonisation et fondée sur le travail et l’éducation. LE SOUFISME, UNE RÉFORME DE VIE Ali Benmakhlouf définit le soufisme comme la réforme de soi, fondée sur l’humilité, le don, l’éveil intérieur, l’écoute et la méditation. Il rejette l’opposition simpliste entre «islam noir soufi» et «islam arabe rigoriste», qu’il qualifie de stéréotype colonial. Le jihadisme n’est pas de l’islam : il découle de misère sociale, de manipulations idéologiques et surtout de l’effondrement des États. Le soufisme est aussi un projet intellectuel, nourri par l’étude du droit, de la logique et de la grammaire. Les penseurs comme Averroès ou Avicenne illustrent un islam rationnel, nuancé, capable d’accompagner la modernité. Leur héritage, remis en valeur par des chercheurs contemporains, constitue un antidote philosophique au dogmatisme.
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