Afrique, mémoires d'un continent

Des comptoirs aux urnes, l’histoire politique de la Guinée Bissau

38 min · 8. mai 202638 min
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Beskrivelse

Au XVème siècle les navigateurs portugais installent des comptoirs sur la côte de la Guinée Bissau et intègrent la région aux circuits du commerce transatlantique. Sans cesse contestée par les résistances locales, la présence coloniale tient bon jusque dans les années 1960 et la création du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, mené par Amilcar Cabral et qui engage une guerre de libération organisée. L’indépendance de la Guinée Bissau est proclamée en 1973. Avec la participation de Ferhat Méchouèk, docteur en ethnologie et en sociologie, auteur « Le pouvoir politique en Guinée Bissau, du XVe au XXIe siècle [https://www.presenceafricaine.com/livres-histoire-politique-afrique-caraibes/2431-le-pouvoir-politique-en-guinee-bissau-du-xve-au-xxie-siecle-9782708710399.html] » (éd. Présence africaine)     POUR ALLER PLUS LOIN La mémoire d'un continent propose une exploration dans la longue histoire de la Guinée-Bissau [https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20240910-indépendance-bissau-guinéenne-en-septembre-1974-la-fin-du-déni], petit État d’Afrique de l’Ouest au carrefour des mondes atlantiques. Depuis l’arrivée des Portugais au XVe siècle jusqu’aux instabilités contemporaines, ce parcours historique retrace les grandes séquences politiques qui ont façonné le pays. Les premiers contacts entre les navigateurs portugais et les sociétés de la côte guinéenne s’inscrivent dans le contexte des explorations atlantiques et de l’essor du commerce esclavagiste. Très tôt liée au Cap-Vert [https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20250704-le-cap-vert-une-indépendance-après-une-lutte-sans-guerre], la Guinée portugaise devient un espace stratégique pour l’Empire portugais, où émergent des comptoirs commerciaux et une élite métissée jouant un rôle central dans les échanges et l’administration coloniale. COMPTOIRS, COMMERCE ET ORDRE COLONIAL À travers des figures comme Bibiana Vaz de França, se dessinent les trajectoires de certaines élites créoles qui participent à l’essor économique tout en contestant parfois l’autorité portugaise. Le récit éclaire aussi la manière dont se construit progressivement l’État colonial : administration indirecte, recours aux chefs locaux, fiscalité, travail forcé et campagnes militaires dites de « pacification ». Ferhat Méchouèk analyse également les profondes recompositions sociales produites par la colonisation dans un territoire marqué par une grande diversité de groupes sociaux — Balante, Papel, Fula, Manding ou Manjac. La domination coloniale repose autant sur les intérêts commerciaux que sur des stratégies de division et de contrôle du territoire. LE PAIGC ET LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCE L’émergence d’une conscience anticoloniale prend forme dans les milieux intellectuels capverdiens et bissau-guinéens. Des mouvements culturels aux réseaux étudiants de Lisbonne, une nouvelle génération politisée commence à penser l’émancipation des colonies portugaises. La figure d’Amílcar Cabral [https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-mémoires-d-un-continent/20240725-dans-l-archipel-du-cap-vert-une-démocratie-bien-ancrée] occupe une place centrale dans cette histoire. Fondateur du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, il structure la lutte contre le pouvoir colonial portugais et théorise une mobilisation populaire articulée à la lutte armée. Le massacre des dockers de Pidjiguiti en 1959 marque un tournant décisif dans cette trajectoire. HÉRITAGES POLITIQUES ET INSTABILITÉ CONTEMPORAINE L’entretien interroge enfin les continuités entre l’histoire coloniale, les fractures issues de la guerre de libération et les crises politiques qui traversent la Guinée-Bissau depuis l’indépendance. Rivalités internes au PAIGC, tensions entre civils et militaires, coups d’État et conflits autour de l’exercice du pouvoir constituent autant d’éléments qui éclairent les fragilités persistantes de l’État bissau-guinéen. Plusieurs siècles d’histoire politique se déploient ainsi entre logiques impériales, dynamiques sociales locales et construction difficile d’un État indépendant.

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Des comptoirs aux urnes, l’histoire politique de la Guinée Bissau

Au XVème siècle les navigateurs portugais installent des comptoirs sur la côte de la Guinée Bissau et intègrent la région aux circuits du commerce transatlantique. Sans cesse contestée par les résistances locales, la présence coloniale tient bon jusque dans les années 1960 et la création du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, mené par Amilcar Cabral et qui engage une guerre de libération organisée. L’indépendance de la Guinée Bissau est proclamée en 1973. Avec la participation de Ferhat Méchouèk, docteur en ethnologie et en sociologie, auteur « Le pouvoir politique en Guinée Bissau, du XVe au XXIe siècle [https://www.presenceafricaine.com/livres-histoire-politique-afrique-caraibes/2431-le-pouvoir-politique-en-guinee-bissau-du-xve-au-xxie-siecle-9782708710399.html] » (éd. Présence africaine)     POUR ALLER PLUS LOIN La mémoire d'un continent propose une exploration dans la longue histoire de la Guinée-Bissau [https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20240910-indépendance-bissau-guinéenne-en-septembre-1974-la-fin-du-déni], petit État d’Afrique de l’Ouest au carrefour des mondes atlantiques. Depuis l’arrivée des Portugais au XVe siècle jusqu’aux instabilités contemporaines, ce parcours historique retrace les grandes séquences politiques qui ont façonné le pays. Les premiers contacts entre les navigateurs portugais et les sociétés de la côte guinéenne s’inscrivent dans le contexte des explorations atlantiques et de l’essor du commerce esclavagiste. Très tôt liée au Cap-Vert [https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20250704-le-cap-vert-une-indépendance-après-une-lutte-sans-guerre], la Guinée portugaise devient un espace stratégique pour l’Empire portugais, où émergent des comptoirs commerciaux et une élite métissée jouant un rôle central dans les échanges et l’administration coloniale. COMPTOIRS, COMMERCE ET ORDRE COLONIAL À travers des figures comme Bibiana Vaz de França, se dessinent les trajectoires de certaines élites créoles qui participent à l’essor économique tout en contestant parfois l’autorité portugaise. Le récit éclaire aussi la manière dont se construit progressivement l’État colonial : administration indirecte, recours aux chefs locaux, fiscalité, travail forcé et campagnes militaires dites de « pacification ». Ferhat Méchouèk analyse également les profondes recompositions sociales produites par la colonisation dans un territoire marqué par une grande diversité de groupes sociaux — Balante, Papel, Fula, Manding ou Manjac. La domination coloniale repose autant sur les intérêts commerciaux que sur des stratégies de division et de contrôle du territoire. LE PAIGC ET LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCE L’émergence d’une conscience anticoloniale prend forme dans les milieux intellectuels capverdiens et bissau-guinéens. Des mouvements culturels aux réseaux étudiants de Lisbonne, une nouvelle génération politisée commence à penser l’émancipation des colonies portugaises. La figure d’Amílcar Cabral [https://www.rfi.fr/fr/podcasts/afrique-mémoires-d-un-continent/20240725-dans-l-archipel-du-cap-vert-une-démocratie-bien-ancrée] occupe une place centrale dans cette histoire. Fondateur du PAIGC, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert, il structure la lutte contre le pouvoir colonial portugais et théorise une mobilisation populaire articulée à la lutte armée. Le massacre des dockers de Pidjiguiti en 1959 marque un tournant décisif dans cette trajectoire. HÉRITAGES POLITIQUES ET INSTABILITÉ CONTEMPORAINE L’entretien interroge enfin les continuités entre l’histoire coloniale, les fractures issues de la guerre de libération et les crises politiques qui traversent la Guinée-Bissau depuis l’indépendance. Rivalités internes au PAIGC, tensions entre civils et militaires, coups d’État et conflits autour de l’exercice du pouvoir constituent autant d’éléments qui éclairent les fragilités persistantes de l’État bissau-guinéen. Plusieurs siècles d’histoire politique se déploient ainsi entre logiques impériales, dynamiques sociales locales et construction difficile d’un État indépendant.

8. mai 202638 min
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Afrique, berceau de l’humanité : sur les traces des premiers hommes

La mémoire d’un continent vous propose ce dimanche un voyage dans le temps, au plus près des découvertes qui ont fait de l’Afrique le berceau de l’humanité. Lucy, Selam, Toumaï, Orrorin Tugenensis… Ces fragments ou bouts de squelettes ont permis à la science tout au long du XXème siècle de préciser qui étaient nos ancêtres, il y a plusieurs millions d’années. Avec la participation de Brigitte Senut, paléoanthropologue et paléoprimatologue, co-auteure de « Lucy retrouvée » (éd. Flammarion).   POUR ALLER PLUS LOIN La mémoire d'un continent propose un voyage dans le temps pour comprendre les origines de l’humanité, largement situées en Afrique. Les découvertes paléontologiques, notamment en Afrique de l’Est, ont permis d’identifier des ancêtres célèbres comme Lucy, Selam ou encore Toumaï. Ces fossiles montrent que l’humanité partage une origine africaine, probablement orientale, en raison de la concentration des plus anciens restes dans cette région. Toutefois, les scientifiques restent prudents : si l’Afrique est le principal berceau, certaines hypothèses évoquent aussi des origines plus complexes, incluant des migrations entre l’Afrique et l’Eurasie. Ainsi, la science avance avec des certitudes, mais aussi de nombreuses questions. LA VALLÉE DU RIFT ET LES GRANDES DÉCOUVERTES PALÉONTOLOGIQUES La vallée du Rift joue un rôle central dans ces découvertes. Cette immense fracture géologique, riche en sédiments et en couches volcaniques, a permis la conservation et la datation des fossiles sur plusieurs millions d’années. Grâce à ces conditions exceptionnelles, des espèces anciennes comme les australopithèques ont été mises au jour. La découverte de Lucy en 1974 a marqué un tournant majeur : pour la première fois, un squelette relativement complet permettait de mieux comprendre la morphologie et le mode de vie de nos ancêtres. D’autres fossiles, comme Orrorin Tugenensis ou Selam, ont enrichi cette connaissance, révélant notamment que certains ancêtres combinaient bipédie et aptitude à grimper aux arbres. UNE HISTOIRE COMPLEXE, ENTRE DÉBATS ET ÉVOLUTIONS SCIENTIFIQUES L’évolution humaine apparaît aujourd’hui comme un processus complexe et non linéaire. Des découvertes comme Toumaï ont suscité des controverses, notamment sur sa place dans l’arbre évolutif. Les scientifiques débattent aussi des filiations entre espèces, car les fossiles sont rares et fragmentaires. Les méthodes de datation, comme le carbone 14, permettent d’estimer leur âge, mais comportent des limites. Par ailleurs, la science doit rester indépendante face aux influences politiques ou idéologiques, et se distinguer des croyances. En définitive, l’histoire de l’humanité est encore incomplète : elle continue de s’écrire au fil des découvertes, révélant une origine commune mais un parcours évolutif riche et complexe.

23. april 202639 min
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Pouvoirs et résistances sur la côte swahilie au XIXè siècle : le destin du sultanat de Witu

Ce dimanche, les courants du monde nous portent sur la côte est-africaine où la providence de l’océan Indien y a très tôt fait prospérer le commerce et favorisé les rencontres entre peuples. L’historienne Clélia Coret nous raconte l’histoire de cet ensemble Swahili et en particulier celle de son dernier État, le sultanat de Witu.  Avec la participation de Clélia Coret, historienne et auteure de Écrire l’histoire sur la côte est-africaine au XIXème siècle [https://www.editionsdelasorbonne.fr/produit/1172/9791035110697/ecrire-l-histoire-sur-la-cote-est-africaine-au-xixe-siecle] (éd. La Sorbonne).   POUR ALLER PLUS LOIN  La côte est-africaine, s’étendant du sud de la Somalie au nord du Mozambique, constitue depuis des siècles une interface majeure entre l’Afrique et le monde de l’océan Indien. Grâce aux vents de mousson, elle est intégrée à de vastes réseaux commerciaux reliant l’Arabie, l’Inde et la Chine. Dès le VIIIè siècle, des communautés bantoues y fondent des établissements qui se transforment progressivement en cités-États swahilies, urbanisées et islamisées. Ces sociétés partagent des traits communs, comme l’usage du swahili écrit en caractères arabes et une culture urbaine spécifique, tout en restant politiquement indépendantes. Des villes comme Lamu ou Pate illustrent cet essor, marqué par des échanges culturels et économiques intenses. Cependant, au XIXè siècle, des conflits dynastiques et l’intervention de puissances extérieures fragilisent cet équilibre. CONFLITS, ALLIANCES ET RECOMPOSITIONS POLITIQUES L’expansion du sultanat d’Oman bouleverse profondément la région. Attirés par les richesses comme l’ivoire et les esclaves, les Omanais s’impliquent dans les rivalités locales en soutenant certaines factions. Cela provoque une reconfiguration des pouvoirs au sein des élites swahilies. La bataille de Shela en 1812 marque un tournant : la victoire des alliés omanais entraîne l’exil de certains clans, notamment les Nabahani.  LA NAISSANCE ET L’ORGANISATION DU SULTANAT DE WITU Fondé en 1862 par Ahmed Simba, le sultanat de Witu est le résultat de ce long processus de recomposition. Installé à l’intérieur des terres, il se distingue par son organisation défensive et son adaptation à l’environnement forestier. Bien que modeste en taille, Witu devient un centre politique dynamique, dirigé par les Nabahani mais reposant sur un équilibre entre différentes élites et un conseil politique. La société y est diverse, incluant agriculteurs, éleveurs, commerçants et esclaves, dans un système d’interdépendance. Malgré son caractère rebelle face à la domination omanaise, le sultanat participe pleinement aux logiques économiques de l’époque, y compris l’esclavage. Enfin, l’arrivée des puissances européennes, notamment après la conférence de Berlin de 1885, marque le début de son déclin, transformant Witu en enjeu colonial et mettant fin à son autonomie à la fin du XIXè siècle.

17. april 202638 min
episode Chrétiens et musulmans en Éthiopie : 1 000 ans de coexistence (IVe-XVIe siècle) cover

Chrétiens et musulmans en Éthiopie : 1 000 ans de coexistence (IVe-XVIe siècle)

Afrique, mémoires d’un continent suit l’évolution de la vie religieuse et de la cohabitation entre la Chrétienté et l’Islam en Ethiopie, du 4ème au 16ème siècle. Comment se passe cette cohabitation ? Pacifique ? Paix armée ? Djihad ? Quelle place pour les païens et le judaïsme ? Avec la participation de l’historienne et archéologue Marie-Laure Derat, auteure de L'Éthiopie chrétienne et islamique (VIIè-XVIè siècle). L'Afrique ancienne. De l'Accus au Zimbabwe. 20 000 avant notre ère - XVIIè siècle [https://www.belin-editeur.com/lafrique-ancienne] (éd. Belin).   POUR ALLER PLUS LOIN L’émission retrace l’histoire religieuse de l’Éthiopie entre le IVè et le XVIè siècle, en prenant pour point de départ le royaume d’Aksum. Ce royaume antique, situé au nord de l’Éthiopie et relié au port d’Adoulis sur la mer Rouge, est un carrefour commercial majeur en lien avec de grands empires comme Rome. Sa prospérité repose sur le commerce (or, ivoire, esclaves) et sur une élite puissante qui développe une culture monumentale. LE ROYAUME D’AKSUM ET LA CHRISTIANISATION DE L’ÉTHIOPIE Au IVè siècle, le roi Ezana se convertit au christianisme, marquant un tournant décisif. Cette conversion s’explique en partie par les échanges commerciaux qui favorisent la diffusion des idées religieuses, mais aussi par l’action de missionnaires comme Frumentius. Le christianisme s’implante progressivement grâce aux routes commerciales et à l’existence d’une langue écrite, le guèze, utilisée pour traduire les textes sacrés. Cette nouvelle religion s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des croyances polythéistes évoluant vers le monothéisme. Elle donne naissance à de nombreux lieux de culte et à une riche tradition religieuse qui structure durablement la société éthiopienne. L’ARRIVÉE DE L’ISLAM ET UNE MOSAÏQUE RELIGIEUSE COMPLEXE À partir du VIIè siècle, l’islam fait son apparition en Éthiopie, notamment avec l’accueil de compagnons du prophète en fuite. Bien accueillis par le pouvoir aksoumite, ils laissent des traces durables, notamment dans la région de Nagash. L’islam se diffuse ensuite lentement, surtout par les réseaux commerciaux, comme le christianisme auparavant. Cependant, les sources restent limitées, et les traces archéologiques, comme les épitaphes musulmanes, apparaissent surtout entre le Xè et le XIIè siècle. La cohabitation entre christianisme et islam varie selon les périodes : elle peut être pacifique, mais aussi marquée par des tensions ou des destructions, notamment de sites religieux. Parallèlement, d’autres croyances persistent, comme des pratiques dites « païennes » ou encore des formes de judaïsme, souvent liées à des dynamiques de résistance. L’Éthiopie apparaît ainsi comme une véritable mosaïque religieuse où plusieurs traditions coexistent, interagissent et évoluent. CONFLITS, DYNASTIES ET HÉRITAGES DURABLES Après le déclin d’Aksum au VIIè siècle, de nouvelles dynasties prennent le relais, comme les Zagwé avec le roi Lalibela, célèbre pour ses églises taillées dans la roche, ou les Salomoniens, qui revendiquent une origine biblique. Ces périodes marquent un renouveau du christianisme et un renforcement des liens avec l’Église d’Alexandrie. Toutefois, à partir du XIVè siècle, les tensions s’accentuent. Le roi Amda Seyon mène des campagnes militaires contre musulmans et populations non chrétiennes, inaugurant une phase de conflits plus ouverts. Au XVIè siècle, le djihad mené par l’imam Ahmad bouleverse l’équilibre régional, avant l’intervention des Portugais en faveur du royaume chrétien. Malgré ces affrontements, les sociétés restent interdépendantes, notamment sur le plan économique. Aujourd’hui encore, l’Éthiopie conserve les traces de cette histoire longue, avec une coexistence de plusieurs religions héritée de siècles d’échanges, de rivalités et d’influences croisées.

10. april 202638 min