Beyond the system: Empowered by experience / De l’ombre à la lumière: Parcours de vie post DPJ
In this episode Amanda and Marie share their insights as professionals, and as parents on parenting after leaving care. This episode is in English. Dans cet épisode, Marie et Amanda nous partagent leurs perspectives en tant que professionels et en tant que parents anciennement jeunes placés sur la parentalité après la transition à l'âge adulte. L'épisode est en Anglais. La traduction du verbatim de l'épisode est disponible ci-dessous. Transcription Amanda Bonjour à tous, nous sommes ici pour notre deuxième podcast et, aujourd'hui, nous allons parler un peu de l'expérience de devenir parent après avoir été placé en famille d'accueil à l’enfance. Je voudrais donc vous présenter Marie Christian, qui est ici avec nous et qui apporte ses connaissances grâce à son rôle au sein de Voices, Manitoba. Voulais-tu te présenter ? Marie Je m'appelle Marie. Je suis l'ancienne directrice de Voices, le réseau des anciens jeunes placés du Manitoba, où j'ai acquis la plus grande partie de mon expérience professionnelle concernant les besoins et les expériences des parents ayant été pris en charge par les services sociaux à l’enfance. Bien sûr, j'ai ma propre expérience personnelle, ayant moi-même été prise en charge par les services sociaux puis étant devenue mère peu après, mais j'ai beaucoup appris des jeunes du réseau et je suis heureuse de partager avec vous une partie de cet apprentissage aujourd'hui. Amanda Je m'appelle Amanda et je suis une personne ayant été placée en famille d'accueil qui est également devenue mère. Je suis donc devenue mère à 25 ans. Ma fille a maintenant 15 ans. Vous pouvez donc deviner mon âge. Mais j'ai également été clinicienne. J'ai donc travaillé avec des jeunes sortant du système pendant environ huit ans et j'ai contribué à la création du réseau d’anciens jeunes placés au Québec, appelé CAREjeunesse. Dans le cadre de ces deux fonctions, j'ai beaucoup interagi avec des parents ayant été placés lors de leur enfance. Je suis aujourd'hui chercheuse et une partie de mes recherches portent également sur la parentalité le placement. Je vais donc vous parler un peu de tout cela. Marie Puisque tu as mentionné le moment où vous êtes devenu parent, je suis moi aussi devenue parent. C’est drôle, si vous essayez de faire le calcul pour deviner mon âge, vous vous tromperez, mais ce n'est pas grave. Je suis donc devenue mère à 19 ans et mes enfants ont aujourd'hui 30 et 25 ans, mais vous ne pouvez pas calculer mon âge, et nous expliquerons pourquoi un peu plus tard dans l'épisode. Amanda OOOH J'adore ! Hum, d'accord, donc la première chose que nous voulons dire, alors que nous entamons cette conversation, c'est que le rôle de parent est difficile pour tout le monde. (Marie : Mhmm !) Et c'est quelque chose qu'il est vraiment important de reconnaître, car les personnes qui n'ont pas été placés sont confrontées à des difficultés dans leur rôle parental, et en tant qu’ancien jeune placé vous pouvez rencontrer des difficultés dans votre rôle de parent sans que cela ait un rapport avec votre placement en protection de la jeunesse. Marie Tout simplement parce que les enfants ne viennent pas avec un mode d'emploi, et que chaque enfant est différent. Amanda Exactement. Chaque parent est différent et parfois, les différents âges sont difficiles pour différentes personnes. Oui. Hum, et donc, nous allons parler de la parentalité en relation avec le fait d'avoir été placé en enfance, car il y a certains défis qui viennent du fait de ne pas avoir été élevé par sa famille d'origine, peut-être de ne pas avoir eu de soutien intergénérationnel, par exemple. Nous allons donc approfondir un peu ce sujet aujourd'hui. Hum, alors tout d'abord Marie, dis-moi, hum, à quel moment es-tu devenue parent ? Marie La raison pour laquelle il serait difficile de calculer mon âge actuel par rapport à celui de mes garçons est que je suis devenue mère par choix. À l'âge de 19 ans, les enfants de ma sœur ont été placés en famille d'accueil et le système m'a donné l'ultimatum suivant : soit je devenais leur tutrice légale, soit ils resteraient en famille d'accueil. À l'époque, leur première expérience, c'était à l'époque où les enfants étaient placés dans des hôtels. Rien qu'en les entendant raconter cela, je me suis dit NON. Et d'après l'expérience de mes propres frères et sœurs, qui ont tous été séparés et placés dans différents foyers d'accueil, je ne voulais pas que cela arrive à ces garçons. J'ai donc choisi de devenir leur tutrice. Ils étaient très jeunes lorsqu'ils ont emménagé chez moi. Et euh, nous avons dû trouver une solution ensemble. Alors pourquoi suis-je devenu parent ? Parce que je ne voulais pas qu'ils vivent la séparation de leurs fratrie. Euh, comme mes frères et sœurs et moi l'avons vécu quand nous étions plus jeunes. Amanda C'était un choix très courageux et je suis vraiment heureuse que tu as pu être là pour eux. Marie Je pense que c'est un choix très « 19 ans ». Je me souviens que certains adultes de mon entourage à l'époque me disaient : « Non, tu es juste au début de ta vie, tu viens de commencer l'université, le monde t'appartient, bla bla bla... ». Mais il y a quelque chose de merveilleusement courageux chez les jeunes de cet âge, ce sens de justice sociale qui leur fait dire « Non, je refuse que ç se passe comme ça! »... Est-ce que j'aurais eu le même courage et la même audace aujourd'hui ? J'espère que oui. Ce n'était pas quelque chose que je voulais pour eux et bien sûr, mis à part le fait que je ne voulais pas les séparer, je les aime. Ce sont mes neveux. Ce sont mes meilleurs amis de toute façon, mais en plus de cela, je veux simplement plus pour eux qu'une expérience en foyer. Amanda Hmm. Eh bien, mon parcours vers la parentalité a été un peu différent. Euh, je savais dès mon adolescence que j'allais avoir des problèmes de fertilité, euh, et je suis tombée enceinte par hasard à 25 ans. Un peu plus jeune que je ne l'aurais souhaité si j'avais pu le planifier. Mais je savais qu'il y avait une chance que si je ne menais pas cette grossesse à terme, je n'aurais jamais d'enfants. C'était donc un choix. Dès que j'ai appris que j'étais enceinte, j'étais ravie et je voulais avoir mon bébé, mais c'était plus tôt que si j'avais eu la possibilité de m'établir dans ma carrière et financièrement. J'aurais préféré attendre quelques années. Il y a eu des difficultés financières et une adaptation brutale à la parentalité, car j'étais en train de faire ma maîtrise lorsque je suis tombée enceinte. J'ai quand même terminé mes études, ce dont je suis très fière. Mais cela a également été un défi. Oui, c'était un peu plus tôt que je ne l'aurais souhaité. Marie C'est très bien quand même. Je suis fière que tu aies réussi à terminer ta maîtrise ! Avec un nouveau-né. Si quelqu'un regardait mon dossier scolaire à cette époque, oh non. Je n'ai pas trouvé le bon équilibre entre le travail, les études et l'éducation des enfants. Il fallait donc faire un choix. C'est devenu... les études ont dû attendre et je me suis concentrée sur la recherche d'un emploi et l'éducation des garçons. Je suis donc heureuse que tu aies réussi à terminer tes études. Amanda Oui, c'était un défi, mais le timing était parfait, car j'ai découvert que j'étais enceinte pendant que je rédigeais ma thèse. C'était une maîtrise avec thèse, et j'ai donc soumis ma thèse avant d'accoucher, mais j'ai dû faire des modifications, juste après sa naissance. Je me souviens que ces modifications ont été très difficiles, car j'ai eu un accouchement très difficile. Mais c'était quelque chose qui... Oui. Oui. Je suis contente d'avoir réussi. Oui. Peux-tu nous dire où tu en es dans ton parcours parental ? Marie Eh bien, je suis maintenant à l'étape du nid vide, donc l'une des choses que nous défendons vraiment dans le réseau d’anciens jeunes placés, c'est cette politique de la porte ouverte. Ce n'est pas parce qu’un jeune a atteint la majorité qu’il ne devrait plus revenir au milieu d’acceuil ou de bénéficier de soutient, et mes garçons ont... Ils ont exercé ce droit à plusieurs reprises pendant leur transition vers l'âge adulte, ce qui ne me dérange pas du tout. Donc, mon plus jeune fils, il a déménagé. Oui, je crois qu'il avait 21 ans. Il est tombé amoureux et elle vit à l'autre bout du monde. Il est donc parti vivre avec elle et n'est revenu qu'une seule fois, pour travailler un peu plus avant de repartir s'installer définitivement là où elle vit. Mais mon fils aîné a fait plusieurs allers-retours. Et je pense que cette fois, c'est définitif. Je pense, je pense que cette fois-ci, ça va durer. Je pense donc que je suis dans la phase du nid vide. Amanda Mais c'est formidable d'avoir pu être là pour tes neveux et leur apporter le soutien dont tu n'as pas bénéficié à cet âge charnière, n'est-ce pas ? Marie Tout à fait. Et tu sais quoi ? Chaque fois que je rentre à la maison et que mes épices ont disparu, qu'il n'y a plus d'huile d'olive parce qu'il a pris la bouteille supplémentaire dans mon placard, qu'il n'y a plus de papier toilette parce qu'il a pris tout le paquet, sachant que sa tante pouvait en racheter, ça ne me dérange pas, en fait je préfère ça. Amanda Oui, j'adore ça. Il se sent suffisamment en sécurité pour rentrer à la maison. Oui, oui, oui, Tu es son point d’accroche C'est incroyable. Marie Et toi, où en es-tu ? Amanda Euh, ma fille a maintenant 15 ans. Elle entre en quatrième année du secondaire ici au Québec. Il lui reste donc deux ans d'études secondaires, puis elle ira au CEGEP. (Marie : oh, wow !) Oui... Et c'est fou de voir ce processus, n'est-ce pas ? Parce qu'elle va commencer à passer son permis de conduire dans un an et, euh, oui. Et je n'avais personne pour m'apprendre à conduire moi, n'est-ce pas ? Et donc, c'est comme si je découvrais ce que c'est que d'être parent d'une adolescente qui fait des erreurs et qui n'est pas jugée pour cela, et qui a toujours un filet de sécurité, donc elle n'a pas peur de me dire quand elle fait des erreurs. Et oui. C'est une expérience différente. Et euh, quelle étape de la parentalité as-tu le plus appréciée ? Marie Eh bien, je pense. Hum, l'étape que j'ai le plus appréciée est différente pour les deux garçons. Je pense... Oh mon Doux. Tu sais quel était mon rêve d'enfant ? Grandir, me marier, voyager à travers le monde avec mon mari, puis revenir et avoir six enfants. Et puis, que tous mes enfants invitent tous leurs amis à la maison. Nous aurions donc une immense table dans la salle à manger. J'ai toujours adoré les enfants. Je ne peux donc pas choisir une étape préférée. J'ai des souvenirs préférés de presque toutes les étapes, et je trouve que mes garçons étaient tellement mignons. Mais si je devais en choisir une, je pense que pour mon plus jeune fils, mon étape préférée avec lui était celle de ses 12 à 17 ans, qui peut être très tendue, car c'est l'âge où ils essaient d'affirmer leur propre pouvoir et de trouver leur propre identité, mais c'était tellement merveilleux de le regarder. Il est tellement extraverti. Il va vers les gens, leur parle, les écoute et a de bonnes conversations sur des sujets dont je ne soupçonnais même pas l'existence. Le voir être complètement lui-même était toujours une joie. Et pour mon fils aîné, je pense que c'est maintenant qu'il est dans cette phase, à 30 ans, où il est un adulte émergent ou un adulte à part entière, selon à qui vous parlez. Hum, mais le voir gagner en confiance, devenir l'homme de sa maison, essayer de joindre les deux bouts et mieux communiquer avec sa compagne... Hum, j'adore le voir heureux. (Amanda : Oui!). Toi Amanda, as-tu une étape préférée ? Amanda Je pense que j'en ai deux. J'ai vraiment adoré, euh, ma fille quand elle était bébé, euh, je me souviens que je la portais dans un porte-bébé jusqu'à ce qu'elle ait environ quatre ans, parce qu'elle était très câline. Et donc, euh, au début, c'était tout le temps. Mais ensuite, jusqu'à l'âge de quatre ans, je la mettais encore parfois dedans et je me souviens qu'elle s'endormait sur moi. Et je la portais partout avec moi, je ne sais pas, j'ai vraiment apprécié sa petite enfance, c'est sûr. Et je pense que j'apprécie aussi beaucoup cette période de développement dans laquelle elle se trouve actuellement. Elle pense savoir ce qu'elle veut faire plus tard et, pour cette raison, elle prend l'école très au sérieux. L'année dernière, elle était souvent en retard à l'école, mais depuis qu'elle s'est en quelque sorte décidée sur son orientation professionnelle, nous l'avons emmenée passer une journée à l'université pour voir si c'c'est vraiment ce qu'elle veut faire. Nous sommes allés à une journée portes ouvertes au CEGEP et elle sait maintenant quel programme elle veut suivre. Elle prend ses cours très au sérieux, elle n'a pas été en retard une seule fois depuis le début de l'année scolaire, ce qui est radicalement différent de l'année dernière. Et moi, je... et elle me parle maintenant de ses intérêts professionnels et des activités qu'elle veut faire cet été, et j'apprécie vraiment de la voir s'épanouir, et ses intérêts professionnels sont totalement différents de ce que je fais. Mais c'est super intéressant de la voir devenir qui elle est. Marie Vous vous souvenez quelle a été la phase la plus difficile pour toi ? Amanda Je pense que c'est une très bonne question. C'est une question difficile. Je dirais que la période entre 3 et 5 ans avec ma fille a été très difficile pour moi. Nous avons perdu ma belle-mère quand Chloé avait deux ans, et après cela, nous n'avons plus eu aucun soutien intergénérationnel. Et cela a probablement contribué à rendre les choses difficiles. Mais l'autre problème auquel j'ai été confrontée était mon propre passé et les traumas associés. Et c'était quelque chose dont je n'avais absolument pas conscience entre les trois et cinq ans de ma fille. C'était enfoui si profondément dans mon subconscient que je ne savais pas que c'était quelque chose qui me posait problème, mais en fait, je n'ai jamais vraiment aimé les enfants entre trois et sept ans. Et je le disais aux gens. Quand on me demandait : « Oh, tu sais, quelle tranche d'âge aimes-tu vraiment ? » Et avant d'avoir des enfants, je répondais : « Je n'aime pas vraiment les enfants entre trois et sept ans. Et c'est simplement parce qu'ils ne sont pas très cohérents, mais ils parlent tout le temps et ils sont juste, tu sais, un peu ennuyeux à côtoyer » Et, euh, à un certain moment, je discutais avec un thérapeute et Chloé avait cinq ans et j'ai dit, euh, j'ai en quelque sorte verbalisé certaines des difficultés que je rencontrais, puis il m'a dit : « C'est intéressant, que s'est-il passé pour vous entre trois et sept ans ? » C'est à cette période que j'ai vécu certains des traumatismes les plus importants dans ma famille d'origine. Et je pense que le simple fait de la voir à trois, quatre et cinq ans m'a rappelé quand j'avais trois, quatre et cinq ans. Et donc j'évitais en quelque sorte, dans la mesure du possible, je ne pouvais pas jouer avec elle. Je me retrouvais dans une situation où chaque fois qu'elle voulait jouer avec moi... Euh, le jeu était très violent dans ma famille d'origine. J'avais vraiment du mal à gérer ça, et la deuxième partie du problème, c'est que je n'en avais pas conscience. Je sentais juste une sorte de panique m'envahir, mais je ne savais pas quoi faire. C'était juste son âge, ça n'avait rien à voir avec elle ou moi en tant que parent. C'était comme si j'étais inconsciente, et une fois qu'un thérapeute m'a aidée à le voir, j'ai pu corriger le tir et les choses se sont améliorées. Et quand je ressentais cette panique, je savais d'où elle venait, et je n'avais plus besoin de m'enfuir de la pièce ou d'arrêter ce que nous étions en train de faire. Et donc ça s'est amélioré. Et puis, une fois qu'elle a eu 8 ans, je n'ai plus eu cette expérience. Je pense que c'est simplement parce que j'ai vécu un traumatisme très grave, sans aucun moyen de protection, entre trois et sept ans. Donc, une fois qu'elle a eu huit ans, je n'ai plus eu les mêmes difficultés, je pouvais me souvenir des jeux qui étaient amusants. Et je pouvais interagir avec elle d'une manière différente en tant que parent. Donc, oui, je dirais que la période de trois à cinq ans a été la pire, car il n'y avait aucun soutien intergénérationnel. J'avais constamment des crises de panique et je ne savais pas pourquoi. Et euh, la période de cinq à sept ans a encore été difficile, mais au moins j'en avais conscience, donc je pouvais essayer d'y remédier. (Marie : ouais). Euh, c'était quelque chose auquel personne ne m'avait préparée et auquel je ne m'attendais vraiment pas. Marie Oui. (Amanda : oui.) Je pense que j'ai vécu quelque chose de similaire. Ce n'était pas la période la plus difficile pour moi, mais pour chaque enfant, quand ils atteignent l'âge de 10 ans, j'ai ce sentiment d'appréhension, comme « Oh mon Dieu, protège-les cette année ». Parce que c'est l'année où ma mère est décédée. Donc, j'ai juste... et tout un tas d'autres choses, mais c'était en quelque sorte la cerise sur le gâteau, ou plutôt l'anti-cerise sur l'anti-gâteau. Donc, chaque fois que je rencontre un enfant qui vient d'avoir 10 ans, je me dis : « Oh, ça va être une année difficile. Mais pour ce qui est d'élever mes garçons, je dirais que la période la plus difficile de notre vie familiale a été le tout début, parce que je ne savais pas ce que je faisais et que je n'avais pas de parents biologiques directs à prendre comme modèles pour l'éducation des enfants. Mais j'ai surmonté cette difficulté en m'inspirant de The Cosby Show. Je me suis dit : « OK, comment Claire et le Dr Huxtable gèrent-ils l'éducation de leurs enfants ? Cela m'a aidée à développer ma propre approche pour élever mes enfants. Je veux être ferme. Je veux être claire et directe avec eux, mais je veux aussi faire preuve d'humour et d'amour. Cela m'a aidée à prendre certaines de mes premières décisions en tant que mère. Mais en termes de développement personnel, Je pense que pour mon plus jeune, ça a été difficile, même si j'ai particulièrement aimé le voir grandir entre 12 et 17 ans. Ça a aussi été un défi parce qu'entre 15 et 17 ans, il est devenu très secret et a fait des choix pas très judicieux à l'école. Quand il était en dernière année du secondaire, il a décidé qu'il ne voulait pas obtenir son diplôme, alors il a abandonné tous ses cours et est revenu l'année suivante. Pas de problème. Je ne me souviens pas comment je l'ai découvert. Je pense que je l'ai découvert par hasard et j'ai appelé l'école. Je leur ai demandé : « Qu'est-ce que vous faites ? Non, vous ne le laissez pas abandonner tous ses cours pour qu'il puisse revenir l'année suivante. Non. Donc, vous savez, j'ai essayé de trouver un équilibre entre son besoin de développer son autonomie et... Non, je ne te laisserai pas suivre cette voie. Non, tout simplement non, il n'y a pas à discuter. Euh, et pour mon fils aîné, il a eu des problèmes de dépendance à la fin de son adolescence, au début de la vingtaine, et j'ai passé des nuits entières à le chercher en voiture. Euh, c'était au début, enfin, je suppose que ce n'était pas tout à l'aube de Facebook, alors j'envoyais des messages à ces contacts et j'essayais de trouver des amis qui, je le savais, étaient passés le voir pour le localiser. Ce n'était pas drôle. Et je suis tellement reconnaissante que cette phase de sa vie soit terminée maintenant, heureusement. Voilà donc les étapes difficiles que notre famille a traversées. Amanda Cela a dû être très difficile. Je suis également heureuse d'apprendre qu'il a dépassé cette phase. Oui, ça dû petre une période très difficile. (Marie : Oui !) C'est très courant chez les adolescents d'aujourd'hui. Oui. Et chez les jeunes adultes. Marie Je pense que ce qui a vraiment aidé, c'est que... Eh bien, nous n'avions pas beaucoup d'adultes plus âgés en bonne santé qui auraient pu lui servir de modèle. Il s'est retrouvé devant un juge plusieurs fois, je crois. La dernière fois qu'il s'est retrouvé devant ce juge, celui-ci lui a dit : « Écoute, tu n'es pas fait pour ce style de vie, arrête ça. Je ne veux plus te revoir ici », et cette approche directe et humoristique lui est restée, et il n'y est tout simplement pas retourné. Amanda Et en quoi pense-tu que les choses ont été différentes pour vos garçons que toi à leur âge ? Marie Oui. Eh bien, je pense que j'ai eu beaucoup de chance, car même si j'ai été placée à plusieurs reprises avant l'âge de 10 ans, lorsque ma mère est décédée à l'âge de 10 ans, j'ai été envoyée vivre chez mon grand-père, donc j'ai été prise en charge par un membre de ma famille. J'ai donc bénéficié d'une certaine stabilité. C'était un vieil homme, tu vois. Il n'était donc pas très attentif ni très engageant, mais au moins, j'avais la stabilité d'un endroit que je pouvais appeler mon foyer. Et je sais que beaucoup de jeunes avec lesquels je travaillé dans le cadre du réseau de VOICES n'ont même paseu cette stabilité. Donc, si vous faites une erreur, comme abandonner l'école ou devenir toxicomane, cela se termine généralement par un changement de placement. Vous allez dans un nouveau placement, vous allez dans un foyer collectif, vous allez dans un établissement de soins de niveau cinq, vous allez en détention pour mineurs. Euh, pour mes garçons. Je suis très reconnaissante qu'ils aient pu échouer pour mieux rebondir. Ils ont pu faire ces erreurs tout en sachant qu'ils avaient un foyer, qu'ils étaient aimés, qu'on s'occupait d'eux et qu'on allait trouver une solution, donc, oui. Amanda Et c'est bien de pouvoir en quelque sorte réécrire certaines de ces erreurs historiques, je pense. Marie Oui. Oui, et pour s'assurer qu'ils savent qu'ils ont le choix, des options. Amanda Tu as déjà abordé ce sujet un, mais as-tu pu bénéficié d'un soutien intergénérationnel qui t’as aidée à un moment donné dans ton parcours parental ? Marie Oui, eh bien, je pense que, euh, en ce qui concerne ma famille biologique, je n'avais pas ma mère et mon père pour m'apporter ce soutien, et bien sûr, mon grand-père était là pendant nos premières années. Il est décédé peu après. Mais il a fait ce qu'il a pu. Il a notamment plaidé pour que le système ne me désigne pas comme tutrice légale. Il disait : « Ne peut-elle pas simplement être la mère d'accueil ? » Cela n'a pas fonctionné, mais il a fait de son mieux. Mais après son décès, je pense que notre soutien intergénérationnel a vraiment été le village que j'ai pu construire autour des garçons. Nous appartenions à notre communauté paroissiale. J'ai donc demandé à certains hommes s'ils pouvaient passer du temps avec mes garçons. Est-ce qu'ils pourraient les emmener pêcher ? Est-ce qu'ils pourraient faire toutes les choses que font les hommes ? Préparer des hot-dogs, je ne sais pas, faire des grillades, quelque chose comme ça. Hum, certains de mes pairs, certains des garçons du groupe de jeunes avec moi, venaient jouer aux Lego avec les garçons et leur apprenaient... Mon ami Robbie leur a appris à faire des ricochets sur la rivière. Nous n'avions donc pas de soutien intergénérationnel lié à la biologie, ni de privilège familial. Mais nous avons réussi à développer une communauté, un village autour de nous, composé de personnes d'âges, de sexes et de situations différents, qui pouvaient les aider à découvrir qui ils étaient. Aviez-vous un soutien intergénérationnel ? Amanda Oui, jusqu'à ce que Chloé ait deux ans, grâce à ma belle-mère, qui était vraiment la personne la plus proche d'une mère que j'ai jamais eue. Elle a été là pendant cinq ans, je crois, et c'était la personne la plus adorable qui soit, Francine. Euh, et après son décès, euh, mon conjoint avait une grand-mère, qui était très âgée et qui est maintenant décédée, mais elle a été présente pendant un peu plus longtemps dans l'enfance de Chloé. Je dirais jusqu'à ce que Chloé ait environ six ans. Elle venait parfois faire du baby-sitting, mais c'était plutôt court, disons pour deux heures, parce que je devais aller quelque part où c'était vraiment important, et la moitié du temps, elle s'endormait pendant qu'elle gardait Chloé. Ce n'était donc pas, euh, ce n'était pas forcément la situation idéale. Mais après cet âge, elle a dû déménager dans une maison de retraite. Et donc, après ça, nous n'avons plus eu aucun soutien intergénérationnel. Oui. Ce qui est intéressant, c'est que quand j'ai grandi, j'avais une très grande famille élargie composée de différentes... Il y a des défis différents avec les deux côtés de la famille de mes parents. Mais j'avais des gens. Alors que j'ai l'impression que dans la vie de ma fille, nous n'avons pas autant de gens et je me demande toujours, vous savez, quelle est la meilleure chose à avoir ? Par exemple, est-ce mieux d'avoir une famille dysfonctionnelle avec laquelle on passe du temps, ou est-ce mieux d'avoir une famille plus petite, qui est peut-être moins dysfonctionnelle ? Oui, et je ne connais toujours pas la réponse à cette question. C'est le genre de chose que l'on se demande. Marie Eh bien, c'est délicat, car en vieillissant, nous avons pu tisser des liens plus étroits avec mes oncles et tantes, et comme tous les dysfonctionnements, c'est totalement intergénérationnel. Ma mère et ses frères et sœurs ont eu leurs problèmes. Mes frères et sœurs et moi avons eu les nôtres, et maintenant mes oncles et tantes ont les leurs. C'est difficile de se réunir. C'est donc un groupe de personnes folles, en colère et dramatiques. Euh, et pendant toutes les années où les garçons étaient jeunes, s'il y avait un dîner de fête ou quelque chose comme ça, je leur disais : « On va y aller, vous allez rencontrer votre famille. Je veux que vous sachiez d'où nous venons. » Donc oui, je me suis vraiment demandé s'il valait mieux pour eux de connaître leur famille et de les voir au moins deux ou trois fois par an, ou s'il valait mieux s'isoler et créer notre propre village. Et je pense que j'ai décidé de faire les deux. J'avais besoin d'un village sain. Qui était tout le temps autour des garçons. À différents niveaux, car tout le monde n'est pas là tout le temps. Mais je voulais aussi qu'ils connaissent la famille de ma mère. Qu'ils sachent d'où ils viennent, qu'ils connaissent un peu leur identité et qu'en grandissant, ils décident eux-mêmes du type de relation qu'ils veulent avoir avec mes oncles et tantes. Beaucoup de jeunes, de jeunes parents avec lesquels j'ai travaillé à travers le réseau, ont exprimé à quel point il est difficile et frustrant de former son village. Comme on dit toujours, il faut tout un village pour élever un enfant. Et ils se lamentent sur la difficulté qu'ils ont à former un village pour leurs enfants. Et vraiment, tout ce que je peux leur dire, c'est que si vous croyez que c'est important, vous devez simplement essayer. J'étais une personne très introvertie. J'avais beaucoup de mal à parler aux gens. Je pense que pendant toute la scolarité de mon plus jeune fils à l’école primaire, je n'ai jamais regardé son professeur dans dans les yeux. Mais je trouvais tellement important qu'ils appartiennent à une communauté, au cas où il m'arriverait quelque chose, dans le pire des cas, mais aussi dans le meilleur des cas, afin qu'ils puissent apprendre de la multitude de gens qui les entourent. Et donc, de temps en temps, je devais sortir de ma coquille et les emmener à Art City, ou les emmener à West Broadway, ou les mettre en contact avec certaines des familles plus âgées de notre église. Parce qu'il était important pour moi qu'ils aient ce lien et ce contact intergénérationnel. Je reconnais donc que cela peut être difficile et je ne sais pas. Je ne sais pas si nous aurions pu y arriver si je ne l'avais pas fait. Vous savez, je ne saurais pas comment faire cela toute seule. Je ne sais pas si je le voudrais. Amanda Oui, oui. Non. C'est différent. C'est un défi différent pour moi parce que ma famille vit assez loin. (Marie : Oui.) Et euh, eh bien, vous savez, en fait, c'est une digression par rapport à ce sujet, mais c'est quand même assez intéressant. Alors nous allons faire une petite digression. Euh, j'avais l'habitude d'appeler souvent ma famille. J'avais une tante que j'appelais, je ne sais pas, tous les deux mois environ, et je lui racontais ce qui se passait dans ma vie, je lui parlais de ma fille, puis j'allais en ville, disons, enfin, c'était un long voyage pour moi, ça me coûtait au moins mille dollars, voire deux mille dollars, pour aller voir ma famille. Et quand j'allais les voir, je continuais à penser qu'ils allaient venir me rendre visite à un moment donné et qu'ils allaient m'appeler. Et, à un certain moment, alors que j'étais clinicienne, nous avons eu ce formateur qui est venu et qui a commencé à nous former sur l'accumulation compulsive et il a dit : « Vous pouvez accumuler des personnes, si vous essayez de maintenir des relations avec des personnes qui n'ont aucune valeur pour vous. Et quand il m'a dit cela, j'ai eu un moment de réflexion où je me suis dit : « Je pense que j'accumule ma famille. (Marie : Oui) parce qu'ils ne m'appellent jamais et ne me rendent jamais visite, et je ne voulais pas rompre les relations, donc ce n'était pas comme s'il y avait, au moins avec cette tante en particulier, il n'y avait pas de rupture, n'est-ce pas ? C'était plutôt que je me suis rendu compte qu'elle ne m'appelait littéralement jamais et ne me contactait pas. J'ai donc mis au point une sorte d'expérience où je me suis dit : « Tu sais quoi ? Au lieu de l'appeler tous les deux mois, je vais l'appeler tous les trois mois, et au lieu d'aller lui rendre visite deux fois par an, je vais lui rendre visite une fois par an, puis tous les deux ans, puis tous les trois ans, et je vais juste voir si elle répond au téléphone. Est-ce qu'elle viendra me rendre visite ? Elle ne l'a pas fait, et c'était la dernière relation que je qualifierais de vaguement saine. Et donc j'ai juste dit, vous savez, à ce stade, je consacre beaucoup d'énergie à entretenir une relation avec quelqu’un qui ne m'apporte rien en retour et... Mais je réfléchis à l'impact que cela a eu sur ma fille, parce que, elle aurait été adorable si j'étais venue en ville, elle aurait répondu au téléphone et aurait discuté avec moi si je l'avais appelée. Et cela aurait été une interaction positive. Hum, mais je me disais juste que, pour mon propre bien, je devais laisser cette relation. Mais bon, développer mes relations ici a présenté ses propres défis. Marie Oui, J'aime beaucoup ça et je pense que c'est vrai. Je dirais que même si j'ai fait tout mon possible pour que mes garçons restent en contact avec notre famille, notre famille élargie, quand ils étaient jeunes, en tant qu'adulte, j'ai rencontré quelques personnes qui m'ont dit : « Je pense que je peux laisser tomber maintenant qu'ils ont grandi et, comme je l'ai dit, maintenant qu'ils sont assez grands pour décider comment ils veulent entretenir leurs relations avec mes tantes et mes oncles. Je ne l'ai pas fait consciemment, mais en entendant ta description, je me suis dit : « Oui, il y a eu des personnes à qui j'ai dit : « D'accord, je ne vais pas vous contacter. Je vais juste voir si vous prenez le temps de m'appeler, de m'envoyer un e-mail ou de passer me voir. Amanda C'est vrai. Mais en fait, je dis tout cela et très récemment, l'un de mes grands-parents est en soins palliatifs. Et donc j'ai en quelque sorte renoué avec cette tante, car mon grand-père est malade, et je pense que cela a en fait été une sorte de processus de guérison, car nous avons commencé à déballer un peu ce qui s'était passé. Et, et peut-être... Je ne pense pas avoir fait une erreur. Je pense que je l'ai fait de manière très consciente, très douce, en m'éloignant de cela. Mais ce qui est triste, c'est qu'elle serait la seule personne avec laquelle je pourrais avoir une relation dans toute ma famille. Donc, oui, c'est juste un défi intergénérationnel. Marie Donc, surtout si l'on considère que tu n'avait pas beaucoup de soutien intergénérationnel, quel type de soutien, formel ou informel, aurait été utile, avec le recul ? Amanda MMM… J'aurais vraiment aimé qu'il y ait une sorte d'association communautaire où je puisse me rendre facilement en transports en commun. Il y en avait une dans mon quartier, mais elle était vraiment loin de chez moi et à l'époque, je n'avais pas de voiture quand ma fille était toute petite. Mais un endroit situé près d'une station de métro aurait été génial. Euh, où j'aurais pu aller pour passer du temps avec d'autres parents. Je pense que cela m'aurait été très utile, et je pense aussi que cela aurait été bien d'avoir un grand-parent mentor, quelqu'un qui aurait eu à peu près l'âge de mes parents, voire plus, et qui aurait pu jouer le rôle d' , un mentor, comme un parent, un jeune parent qui n'avait pas de réseau de soutien. Cela nous aurait également été très utile dans notre parcours. Oui. Et toi ? Marie Hum, avec le recul. Eh bien, une ressource formelle qui aurait rendu la vie tellement plus facile aurait été un emploi suffisamment bien rémunéré pour ne pas avoir à se soucier des finances, mais à part ça, euh, comme j'avais un travail que j'aimais, ça compensait, je pense, en termes de soutien formel. Je ne sais pas, mais j'ai l'impression que nous avons eu beaucoup de chance. Hum, je ne sais pas si c'est à cause de mon éducation, mais j'ai cherché toutes les ressources gratuites que nous pouvions trouver. Hum, des subventions pour les camps aux cours de natation et de musique que l'on pouvait suivre gratuitement ou à un prix très réduit. Hum, mais ça aurait été bien, oui, d'avoir une famille adoptive, un couple plus âgé, qu'ils aient ou non leurs propres enfants, mais un couple plus âgé qui nous adopte en tant que famille et qui nous dise : « D'accord, on se voit dimanche pour le dîner » ou quelque chose comme ça, de façon régulière. J'étais vraiment douée pour trouver des soutiens pour les garçons, alors on leur a trouvé des parrains et marraines adoptifs et ils allaient passer du temps avec eux. Mais quelqu'un qui nous prendrait tous en charge, pour que j'aie un espace sûr où je pourrais dire : « Le garçon numéro un fait ça, et je ne sais pas si c'est normal. Est-ce que c'est normal ? Pourquoi le garçon numéro deux sent toujours l'oignon ? » Vous savez, juste avoir quelqu'un à qui parler. Oui, ça aurait été très bien. Amanda [Riant] Euh, ce sont de très bonnes questions. Oui, je suis même curieuse, d'un point de vue médical. Marie Et pourquoi est-ce que je rentre à la maison et que toute la maison sent les oignons ? S'il a joué aux jeux vidéo, c'est à cause du stress, de la transpiration. Maintenant, je sais. Amanda Eh bien voilà. Maintenant, nous avons la réponse à cette question. Marie Oui, chaque type de transpiration a une odeur différente ! [petit rire] Mais j'étais très reconnaissante, et peut-être était-ce dû à Winnipeg, Je ne sais pas si les mêmes ressources existent aujourd'hui, car j'entends dire que les parents traversent une période très difficile depuis la pandémie, mais il y avait beaucoup de ressources communautaires vraiment formidables sur lesquelles je pouvais compter pour assurer l'épanouissement de mes garçons. Et puis, grâce au Youth in Care Network, cette année, mon étudiante en stage a animé un atelier sur le thème « Nobody's perfect » (Personne n'est parfait), un atelier sur le rôle parental destiné à tout le monde. Renseignez-vous dans votre quartier ou votre communauté. C'est un atelier où il n'y a ni honte ni reproche, juste l'envie d'en savoir plus sur le développement de l'enfant. Mais étant elle-même une ancienne jeune placée, elle l'a spécialement adapté aux parents issus du milieu de l'aide sociale à l'enfance. Ainsi, une dizaine de couples venaient chaque semaine, partageaient un repas ensemble, suivaient le programme « Nobody's Perfect » sur le rôle parental, puis y ajoutaient la touche « Youth in Care ». À maintes reprises, nous avons entendu les parents dire à quel point c'était merveilleux de pouvoir parler des défis liés au rôle parental avec le fardeau supplémentaire que représente le fait d'avoir été pris en charge à l’enfance. Ils pensaient que s'ils posaient ces questions à d'autres personnes, leurs propres enfants pourraient finir par être placés. Le simple fait d'avoir un espace sûr pour parler et apprendre sur l'éducation des enfants et le développement de l'enfant, pour savoir que vous êtes normal, que votre enfant est normal et que tout ira bien. Amanda J'aime beaucoup cela. Si tu auvais un message à transmettre aux parents anciens jeunes placés, quel serait-il ? Marie Trouvez une série comme The Cosby Show, elle vous aidera à comprendre. [rires] Non, je ne sais même pas s'il existe encore ce genre de séries familiales, mais si vous vous demandez quoi faire avec vos enfants... Comme ma question, quand mes garçons sont venus vivre avec moi pour la première fois, comment faire ? Non seulement j'ai regardé The Cosby Show à l'époque, mais j'ai aussi observé le personnel, les enseignants, les adultes de la communauté qui m'ont laissé les meilleurs souvenirs et j'ai essayé de suivre leur exemple. Dans votre vie, vous avez peut-être grandi dans des foyers collectifs. Vous avez peut-être grandi dans une famille d'accueil, chez un membre éloigné de votre famille, quelle que soit votre expérience. Même si cela n'a pas toujours été facile, cherchez le bon côté des choses et essayez de l'imiter. Et n'ayez pas peur de demander de l'aide pour tout le reste. Si vous ne voulez pas demander à certaines personnes, parce que vous craignez que votre enfant soit appréhendé, je vous suggère d'appeler le réseau d'anciens jeunes placés de votre communauté, s'il en existe un. Ou trouvez un adulte de confiance. Et si vous n'avez pas d'adulte de confiance, je vous encourage à trouver quelqu'un avec qui vous vous sentez à l'aise pour être ouvert et honnête, car vous n'avez pas à faire tout cela tout seul, vous pouvez former votre village. Cela demandera un peu d'efforts, mais vous pouvez y arriver. Amanda Et mon conseil porterait davantage sur l'aspect interne. J'aime beaucoup ce que tu as dit, à savoir qu’on doit songer à la communauté qui nous entoure, ce qui n'a pas été mon point fort dans mon parcours parental, pour être honnête. Mais je pense que sur le plan interne, si vous avez vraiment du mal avec vos enfants à certains âges, que ce soit à cause de leur tempérament ou de votre propre traumatisme, peu importe. Je vous encourage à chercher du soutien et, vous savez, dans mes recherches, j'ai éttudié l’expérience des adultes plus âgés qui avaient été placés en institution lorsqu'ils étaient enfants, et beaucoup d'entre eux avaient des difficultés dans leur parcours parental, et beaucoup d'hommes n'élevaient pas leurs enfants jusqu'à l'âge adulte. Je me demande combien de fois ils ont perdu la garde, et c'était principalement au profit de leurs ex-épouses. Ce n'était pas parce qu'ils perdaient la garde au profit des services de protection de la jeunesse. Je me demande combien de ces histoires auraient pu être différentes s'ils avaient bénéficié d'un peu de soutien intergénérationnel ou d'un peu de soutien émotionnel. Je suis donc allée encourager les gens, en tant que personne ayant suivi une formation clinique approfondie et ayant travaillé avec beaucoup de personnes en difficulté. Je n'avais absolument pas réalisé à quel point mon histoire traumatisante avait affecté mon parcours parental pendant deux ans. C'est donc normal. Mais ensuite, il faut aller chercher du soutien. Il existe des ressources gratuites dans de nombreuses communautés pour obtenir, par exemple, une thérapie et ce genre de choses. Il existe également des groupes pour les parents, et je vous encourage vivement à chercher du soutien à votre manière. Et si vous êtes en instance de divorce, car beaucoup d'hommes qui n'ont pas élevé leurs enfants jusqu'à l'âge adulte, euh, c'était lorsque leur mariage s'est brisé et la plupart des personnes que j'ai interviewées n'étaient pas mariées à ce moment-là, ou avaient vécu un divorce à un moment ou à un autre. Je pense que si vous vivez un divorce et que vous êtes parent, vous savez, engagez un avocat, faites appel à un avocat bénévole, demandez un soutien émotionnel à votre communauté, impliquez-vous dans une église, un centre communautaire ou un YMCA, car cela demande en quelque sorte tout un village et c'est une période vraiment difficile. Je dirais que 9 hommes sur 10 que j'ai interviewés et qui n'ont pas élevé leurs enfants jusqu'à l'âge adulte ont déclaré que leur plus grand regret dans la vie était d'avoir renoncé à la garde de leurs enfants ou de l'avoir perdue au profit de leur ex-femme, ce qui a eu un impact sur leurs enfants et leur relation avec eux pour le reste de leur vie. Et cela peut être évité. Marie C'est évitable. Et je me disais, comme tu l'as dit, que ces pères ont perdu la garde au profit de leurs ex-épouses, et pour beaucoup de gens qui ont grandi en famille d'accueil, il s,agit d,une expérience de placement intergénérationnelle... Peut-être que votre mère était en famille d'accueil et que sa mère aussi avant elle en famille d'accueil... Donc, jusqu'à présent, chaque génération de votre famille a vu ses enfants placés en famille d'accueil. Cela peut sembler horrible, mais ne laissez pas cela être votre choix. Cela peut sembler être le choix logique. Vous abandonnez tout simplement. Vous êtes frustré, cet enfant vous rend fou. Cela peut sembler être le choix logique, car c'est ce qui s'est passé pour les générations avant vous. Mais ce n'est pas forcément le seul choix possible. Comme l'a dit Amanda, vous pouvez trouver un avocat bénévole ou un avocat spécialisé dans le droit de la famille pour vous aider si les services sociaux ont déjà pris vos enfants en charge. Vous pouvez trouver un avocat pour vous aider. Assurez-vous que vos droits en tant que parent sont respectés, mais vous devrez également faire le nécessaire. Vous devez également faire le nécessaire pour comprendre, vous savez. Quel est le mot juste ? Leurs préoccupations sont-elles justifiées ? Euh, avez-vous besoin de le faire ? Y a-t-il des choses que vous devez corriger afin de pouvoir offrir un environnement familial sain, et y a-t-il des mesures de soutien que vous devez mettre en place pour que vos enfants puissent grandir avec vous ? Vous pouvez y arriver, n'abandonnez pas la garde de vos enfants si vous n'y êtes pas obligé. Amanda Eh bien, cette conversation a été formidable. C'est vraiment une passion pour moi, parce que, tu sais, j'ai moi-même rencontré des difficultés dans mon rôle de parent. Tu as rencontré tes propres difficultés dans ton rôle de parent, et presque toutes les personnes que j'ai interviewées et qui ont été placées en famille d'accueil ont rencontré leurs propres difficultés. Et en fait, comme tu le disais à propos de cet aspect intergénérationnel, 34 % des personnes que j'ai interviewées n'étaient pas les premières de leur famille à avoir été placées en famille d'accueil. Il y a donc cet aspect intergénérationnel qui peut se répercuter à travers les générations. Mais cela peut aussi s'arrêter avec vous. (Marie : Exactement). Hum. Je pense donc que ce que je retiendrai, c'est qu'il faut commencer à prendre conscience et si certains d'entre vous ont des difficultés avec l'éducation des enfants, sachez simplement que c'est une tâche impossible. C'est comme un travail non rémunéré, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 (Marie : épuisant ! [rires]) Oui ! pour le reste de votre vie. Et bien sûr, certains âges sont plus difficiles pour certaines personnes, pour différentes raisons. Et certaines personnes ont plus de ressources que d'autres à différents moments, pour différentes raisons. Je pense donc qu'il ne faut pas se juger, mais demander de l'aide. Je ne sais pas si... As-tu d'autres conseils à donner ? Marie Ne vous jugez pas, demandez de l'aide. Euh, travaillez sur vous-même. Je veux dire, faites ce travail de guérison. Aimez cet enfant intérieur, afin qu'il soit plus facile d'aimer votre petit, votre mini-moi qui vous suit partout et vous rend fou quand vous... Prenez simplement soin de vous afin de pouvoir prendre soin d'eux.
9 episodios
Comentarios
0Sé la primera persona en comentar
¡Regístrate ahora y únete a la comunidad de Beyond the system: Empowered by experience / De l’ombre à la lumière: Parcours de vie post DPJ!